Healing Waters Fly Fishing Canada : mission accomplie à Valcartier
- lundi 11 juillet 2011 14:01
- Mis à jour le jeudi 6 septembre 2012 12:24
- Alain Pagé
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Ce projet, existant depuis une dizaine d’années aux U.S.A. afin de venir en aide aux militaires blessés physiquement ou psychologiquement lors de missions, a vu le jour au Canada. Après quelques provinces anglophones, le Québec vient de vivre une première en ce sens grâce à l’implication exceptionnelle de l’adjudant Gervais Jeffrey, basé à Valcartier.
Les prémices
L’adjudant Jeffrey est un adepte de la pêche à la mouche depuis qu’il est enfant et il fut séduit par l’idée d’utiliser cette activité pour atteindre les objectifs du projet « Les eaux curatives », une traduction française de celui de nos voisins du sud.
En fait, il est reconnu que l’activité de la pêche à la mouche aide à se détendre, à décrocher des ennuis quotidiens et est excellente pour la santé puisqu’elle se pratique en plein air. Le fait que de telles répercussions favorisent la pratique de cette activité, correspond parfaitement aux besoins de nos militaires blessés au combat ou souffrant de chocs post traumatiques. C’est en partant de cette affirmation que Gervais a ébauché son projet qui devait d’abord obtenir l’autorisation de ses supérieurs.
Lorsque toutes ces formalités administratives furent remplies, il est parti à la pêche aux collaborateurs. La réponse ne s’est pas fait attendre longtemps puisque plusieurs bénévoles ont répondu avec générosité et empressement à son appel.
Deux jeunes dames kinésithérapeutes oeuvrant auprès des militaires leur ont offert l’opportunité de s’inscrire librement à cette activité. Une quinzaine ont relevé le défi en montrant un intérêt. Il n’en fallait pas plus pour que le projet prenne vie.
Les activités
Georges Tanguay, un saumonier aguerri et instructeur de lancer, a pris cette activité sous son aile, étant secondé par Benoit Renaud, Pierre Gosselin et Gervais Jeffrey. Les cours de lancer étaient réalisés en gymnase au cours de l’hiver 2011, à raison d’une fois hebdomadairement et ce, pour une période d’une dizaine de semaines. Des cliniques de nœuds de pêche venaient compléter cette préparation technique.

Afin de pousser encore plus loin et peut-être stimuler de futures vocations de monteur de mouches, Benoit Renaud a réalisé quelques démonstrations et invité les participants à attacher poils et plumes. Là encore, il était savamment épaulé par les autres instructeurs.

Passons à l’action
Les compétences de tous ces nouveaux moucheurs étaient acquises avec une telle distinction qu’il fallait déjà songer à les mettre en pratique sur le terrain. En juin, deux sorties furent organisées pour taquiner l’omble et l’arc-en-ciel au Domaine Faunique de St-Nazaire, Cté. Bellechasse. Cette pourvoirie se distingue par son accessibilité facile, comportant des bassins d’eau de petite dimension. Il s’agit d’un endroit de rêve pour initier de nouveaux adeptes tout en offrant la possibilité de prendre de gros sujets.

À chaque occasion, un dîner communautaire a réuni tout ce beau monde, permettant d’échanger trucs et conseils dans une atmosphère conviviale.
Le point saillant
Cette aventure a connu son apogée lors de la sortie d’une semaine à la Forêt Montmorency, située dans la Réserve des Laurentides, propriété de l’Université Laval. Il faut d’abord mentionner que le groupe y a été reçu par un personnel très attentionné, dans des installations impeccables répondant à tous les besoins. La cafétéria a su satisfaire le palais de tous et toutes.

Nous avions la possibilité de pêcher sur trois lacs (Piché, Joncas et Bédard) ainsi que deux rivières (Montmorency et Noire). L’omble de taille relativement modeste (15 à 25 cm.) y était cependant très abondant. L’action ne manquait pas, soutenant l’intérêt et les remises à l’eau furent très nombreuses. La grande majorité des participants ont consacré de nombreuses heures à l’activité, pêchant matin, midi et soir.

Les amitiés qui s’étaient tissées au cours des activités préparatoires ont contribué à la formation d’équipes naturelles et à initier des échanges entre eux, traitant de leurs expériences antérieures lors de différentes missions.
Quant aux collaborateurs au projet, il s’agissait simplement de gagner la confiance des participants en les conseillant au niveau de la pêche et en leur prêtant une oreille attentive si le besoin se manifestait. Les soirées en grand groupe devant un bon feu de foyer laissaient place à tantôt rigoler, tantôt échanger plus sérieusement. Ces moments étaient fort précieux.
Prenant connaissance de ces constats, il est assuré que le but du projet était atteint; d’où origine mon affirmation en titre : mission accomplie à Valcartier.

Plusieurs ont exprimé une très grande satisfaction en regard de l’expérience qu’ils venaient de vivre. La volonté de récidiver était également au rendez-vous pour ceux qui ont mordu à l’activité de la pêche à la mouche.
Épilogue
Ce récit ne peut se terminer sans saluer les multiples contributions de particuliers et compagnies : mouches, cannes à pêche, articles divers ont été généreusement offerts afin de faciliter aux participants, la réalisation du projet. Il est bien possible que celui-ci fasse boule de neige en ce sens que d’autres bases militaires manifestent le désir d’emboîter le pas afin de vivre une activité semblable l’an prochain. Quant à l’adjudant Gervais Jeffrey, il a déjà mijoté des ajouts pour la deuxième édition qu’il souhaite de tout cœur renouveler.
Je me suis senti privilégié d’assister à la conclusion de cette aventure et je ne peux que lever mon chapeau aux participants et animateurs et leur dire : « À la prochaine. »
Alain Pagé





















