Votre douce vous a convaincu du bienfait des vacances sur une plage du sud, pourquoi ne pas en profiter pour y jumeler le plaisir de la pêche! Plusieurs de ces destinations offrent différentes excursions visant des espèces d'eau salée. Mais il est également possible de s'organiser soi même, en incluant quelques articles de pêche de base dans vos bagages. Pour notre part, nos dernières vacances sous le chaud soleil se sont déroulées dans le paysage enchanteur de Cayo Coco, à Cuba. Ce pays, célèbre pour ses achigans à grande bouche monstre, offre également la possibilité de se mesurer à des poissons de mer. Un camarade de travail avait auparavant piqué mon instinct de pêcheur en me montrant un poisson nageur qu'on pourrait qualifier "hors d'usage", victime de la mâchoire d'un barracuda!
Toute excursion de pêche demande une certaine planification, et pour moi, c’est même une des parties que j’apprécie le plus. La première étape consistait à déterminer les espèces marines sportives que nous devrions rencontrer à destination. Les bouquins sur la faune ichtyenne de Cuba étant plutôt rarissimes, nous nous sommes rabattus sur ceux de la Floride, qui est située relativement près. Un bon livre que je vous suggère si vous lisez l’anglais, « Sport Fish of Florida », écrit par Vic Dunaway, édité par Wickstrom Publishers. Celui-ci regroupe les principales familles de poissons marins et d’eau douce de cet état américain. Pour chaque espèce, on présente une illustration, des détails sur la taille, la combativité, et les principales méthodes de pêche utilisées. On y retrouve aussi le nom officiel de chaque poisson, les autres désignations communes ainsi que le nom espagnol, ce qui nous a été utile à Cuba.
Un autre outil de plus en plus utilisé de nos jours, l’Internet, nous a permis de compléter notre préparation. Une recherche nous a conduit sur un forum de pêche de Cuba (www.cubamania.com/cgi-bin/cubaforums/YaBB.pl?board=fish_cuba), ou vous pouvez échanger avec d’autres pêcheurs, sur leurs expériences de pêche dans différents secteurs de Cuba.
Arrive finalement la date du départ (fin mars pour nous), un petit coin de valise était réservé pour le moulinet et un petit coffre contenant quelques leurres. En passant, les pêcheurs cubains ont peu de ressources côté matériel de pêche. La majorité aiment beaucoup se voir offrir de l’équipement en guise de remerciement pour leur service. Au niveau du transport de votre canne, je vous suggère d’utiliser un étui tubulaire rigide
Rendu à destination, la température plutôt inclémente et venteuse nous permet de faire un peu de prospection à vélo et en scooter. Nous repérons un petit lagon près d’un des hôtels, qui sera notre première cible. On y fait la location de petites embarcations, ainsi que de moteur électrique. Lors de cette sortie, on aperçoit quelques petits barracudas, qui nous évitent à la vitesse de l’éclair. Pas la moindre touche, et le fait saillant de l’expédition, la batterie du moteur électrique nous lâche à l’autre bout du lac. On revient à la rame, face au vent…
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De retour à l’hôtel, nous rencontrons deux animateurs qui sont de fervents pêcheurs. Ils n’en finissent plus d’examiner notre équipement de pêche, et nous proposent d’effectuer une sortie avec eux. Note intéressante, lorsque nous leur demandons quelles espèces nous cibleront, le nom de « bonefish » (banane de mer) ne leur dit rien, mais lorsque nous mentionnons le nom espagnol, macabi, ils nous confirment la présence de ce poisson. Rendu à leur coin de pêche, la majorité des cubains présent ont un équipement de fortune. Ils ont seulement une bobine de fil, et lancent leur appât en faisant tournoyer leur ligne comme les hélices d’un moulin. Encore une fois notre succès de pêche est plutôt mitigé, seulement quelques « caco » (grunt) ont mordu sur des crevettes « empruntées » au buffet de l’hôtel.
Comme mentionné en début d’article, la température était plutôt maussade et venteuse à notre arrivée. Ce mauvais temps a persisté pour une bonne partie de notre séjour, mais il y a eu amélioration à quelques jours de notre départ. Nous avons donc eu l’occasion d’explorer les abords de la plage, avec différents types d’embarcations. Que ce soit en pédalo ou en catamaran, nos efforts de pêche sont demeurés vain… Ce qui nous a motivé pour réserver avec un guide pour la dernière journée de notre voyage!
Par l’entremise de notre agent de voyage, il nous mets en contact avec un guide local. On rencontre celui-ci, quelques questions sur les espèces que nous rencontrerons, la durée de l’excursion, et finalement petite négociation sur le tarif. Ça y est, moi et mon camarade de pêche sommes en affaire pour aller taquiner le barracuda! À l’heure fixée, nous rejoignons notre guide Juanito, et son assistant. Première surprise, la chaloupe est dans la boîte de la camionnette, et je dois m’asseoir avec le guide dans la chaloupe pour le trajet! Arrivé à destination, notre lieu de pêche est une grande étendue d’eau de mer peu profonde (« flats »). L’embarcation est propulsée par un moteur électrique, en plus d’une grande perche maniée à la façon d’un gondolier par Juanito. Celui-ci me demande ma canne, pour nous montrer ou lancer et comment ramener le leurre. J’utilise un lancer lourd et j’hésite, de crainte qu’il ne me fasse une méchante perruque dans le moulinet!!! Encore une surprise, il manie ça mieux que nous. Il nous dira plus tard avoir gagné des concours de lancer de précision! Trois bons conseils qu’il nous enseigne : effectuer de longs lancers (les poissons sont très nerveux aussitôt qu’ils aperçoivent l’embarcation), lancer près des « mangroves » (îlots de végétation), et ramener le leurre à vitesse maximum (la meilleure façon de provoquer le barracuda).
Nous débutons notre prospection avec des leurres de surface. Le Zara Spook que j’utilise génère quelques attaques, mais je n’arrive pas à bien ferrer le poisson. Juanito nous recommande ensuite d’essayer des cuillères ondulantes, de couleur argentée. Bang, le résultat ne se fait pas attendre! La meilleure description du combat livré par le barracuda que je pourrais vous donner, un « brochet sur les stéroïdes »! Longues courses rapides, changement de direction fréquent, le tout parfois accompagné de sauts acrobatiques. Nous effectuons dons quelques captures avec les cuillères. Mais notre rythme de prises augmentera sensiblement lorsque notre guide nous révèlera « le » leurre miracle. Il s’agit d’un poisson nageur flottant, dont la bavette est volontairement coupée pour éviter que celui-ci ne plonge trop profondément. Comme la majorité des secteurs de pêche ne dépasse pas 2 ou 3 pieds de profondeur, un poisson nageur non altéré aura tendance à ramasser les herbes ou la mousse présente au fond. Ce leurre modifié nous a permis de capturer la majorité de nos douze barracudas, dont le poids variait d’environ 2 à 11 livres. Le plus gros spécimen, capturé par mon confrère de pêche Marc (Jig dans QP), lui a abîmé son poisson nageur au point de le rendre inutilisable. La dentition de ce poisson, ainsi que la force de sa mâchoire, est des plus impressionnante.
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Nous avons également eu la chance de capturer un rouget (snapper) d’environ 6 livres. Ce type de poisson livre également un très bon combat, mais cherche surtout à se réfugier dans les racines des « mangroves ». Comme la qualité de sa chair est très reconnue, notre guide s’est fait un plaisir de conserver cette prise. Fait à noter, il a aussi conservé quelques barracudas, mais seulement les prises de 4 à 6 livres. Ceci est relié à la présence possible de ciguatera. La ciguatera est une toxine, qui se retrouve dans certains microorganismes marins. Ceux-ci s’attachent aux algues, lesquelles sont mangées par certains poissons. Ces derniers deviennent ensuite victimes de plus grands prédateurs comme le barracuda. Les individus les plus gros et les plus vieux sont donc au sommet de la chaîne alimentaire, et peuvent potentiellement contenir une concentration élevée en toxine.
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Côté équipement, une canne à lancer lourd de 6 à 7 pied, assez rigide, fait bien l’affaire. Un moulinet contenant une bonne quantité de fil de 20 livres de résistance complète bien le tout. Évidemment, les avançons métalliques sont de mise. Le guide Juanito nous a mentionné que le tarpon est également présent près de Cayo Coco à certaines périodes de l’année. Pour affronter cette espèce, l’équipement devra être encore plus résistant. Lors de notre expédition, nous avons observé des « banane de mer « (bonefish), une espèce très prisée des moucheurs.

Finalement nous avons apprécié au plus haut point notre expédition guidée, et nous en gardons un excellent souvenir. Donc cet hiver, si votre conjointe vous parle d’un voyage dans le sud, soyez réceptif à l’idée…
ONERKA (membre de la communauté QP)
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