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Pêche à la mouche en rivière : achigan à petite bouche à la nymphe (2ième et dernière partie)

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Son habitat en rivière
L’achigan à petite bouche est sans doute l’espèce sportive faisant preuve de la plus grande adaptabilité dans nos eaux. De façon générale, en rivière, il préfère les courants modérés ou lents sur des fonds rocailleux. Idéalement, il affectionne une  température de 20 à 22 degrés centigrade et une eau passablement claire.  Mais il n’est pas rare de le voir fréquenter des fonds à substrat plus sablonneux, notamment pendant la période de fraie. Toutefois, il est admis qu’il n’aime pas la végétation dense comme son cousin à grande bouche. 

 

Au début de la saison de pêche qui débute généralement autour du 20 juin, (voir la règlementation au Québec),  il fréquente des eaux moins profondes, là où il peut faire son nid de ponte (généralement sur fond de gravier ou sablonneux). Il y revient année après année. Pendant cette période qui va de la fin mai à la mi-juin et même un peu plus tard, il devient plus agressif. Ceci s’explique par le fait que le mâle protège le nid où les œufs ont été pondus et y chasse tout intrus s’approchant en périphérie du nid. Même après la naissance des petits, il demeure en mode protecteur pour quelques temps. C’est pourquoi, à l’ouverture de la saison, on le retrouve souvent en eau peu profonde et à proximité de son lieu de fraie,  attaquant tout ce qui environne son territoire de reproduction, que ce soit en surface ou sous l’eau. L’utilisation de streamer de style Clouser minnow, Zonker, et les leurres de surface de style « popper » constituent des mouches très efficaces pour provoquer une attaque à ce temps de l’année.

Cependant, l’été avançant, l’achigan délaisse ses lieux de fraie. Ce faisant, il devient moins susceptible et moins agressif. D’un comportement strictement protecteur et défiant, il affiche un comportement plus paisible, cherchant un endroit confortable ou il pourra se reposer et se nourrir. Il devient aussi plus léthargique. Bien que la pêche au streamer puisse demeurer efficace, une approche plus fine et délicate constitue un défi intéressant. C’est ici que la pêche à la nymphe entre en jeu.

Pourquoi le pêcher à la nymphe?
J’ai réalisé que, dans ces circonstances, j’avais plus de succès en faisant lentement passer sous le nez de l’achigan une belle grosse nymphe aux couleurs naturelles, qu’un streamer flamboyant trois pieds au dessus de sa tête. 

Comme tout autre poisson, l’achigan ménage ses efforts et se stationnera à un endroit où la nourriture abonde. En rivière, une façon sûre de le localiser est d’identifier les « lignes » de courant. Celles-ci agissent comme un convoyeur apportant la nourriture. Une fois cette ligne identifiée, il faut trouver un bris dans celle-ci, provoqué par un amas de roches, une entrée de baie, une pointe de cap, un îlot, des touffes de végétation, une souche, ou une berge léchée par le courant. Généralement, un ou deux achigans occuperont les lieux.

Dépendamment de la rivière où l’on pêche, tout comme pour la truite, chercher à imiter les insectes en présence maximise nos chances de succès. Ceci étant dit, l’achigan n’est pas un client difficile. Je lisais un article dernièrement sur la pêche à la truite à la nymphe et il y était écrit qu’entre une nymphe d’apparence douteuse mais bien présentée, et une œuvre d’art mal présentée, la deuxième avait assurément plus de chances d’être gobée. Si cela est vrai pour une truite qui fait la fine bouche, imaginez pour un achigan glouton ! À mon sens, le réalisme de l’imitation n’est pas important. L’achigan, contrairement à une truite, n’est pas du type à lever le nez sur belle grosse bouchée dodue, quelque soit son apparence. Comme dans toute forme de pêche à la nymphe, c’est  la présentation qui est déterminante et garante de succès.

De plus, la grosseur importe peu. Un petit achigan attaquera sans vergogne une mouche qui lui entre à peine dans la gueule et un gros achigan ne se fera aucun cas de conscience en gobant une mouche de petit format si elle lui passe devant les yeux.
 

Gros achigan, petite mouche.

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Note : Ceci étant dit, une nymphe montée sur un hameçon no 8 serait le minimum requis. Des hameçon no 6 et 4 découragent les petites espèces telles crapets et mariganes.

Action et présentation
Pêchant la truite à la nymphe en dérive libre ( dead drift ) à 90 % du temps, je me suis demandé en quoi une petite larve de caddis qui dérive dans le courant diffèrerait-elle elle d’une grosse larve de mégaloptère ? Ou même d’une écrevisse ?

J’ai donc commencé à pêcher l’achigan à la nymphe lestée exactement de la même façon que je pêchais la truite. Pour les eaux un peu plus profondes, j’utilise une grosse nymphe lestée, des lancers courts à moyens, 25 pieds max,  en amont à 45 degrés, le scion de la canne bien haut en suivant la dérive de la mouche vers l’aval, prenant soin d’amender ma soie pour éviter autant que possible un « drag ». L’idée est de maintenir l’offrande près du lit de la rivière.

Ceci permet de vraiment bien cibler la présentation et de contrôler la vitesse et la profondeur de l’offrande et de vraiment la faire passer à l’endroit souhaité. Pas très spectaculaire mais vraiment efficace. Ceci en grande partie à cause de la précision et la couverture du plan d’eau que cette technique rend possible.

Une autre façon consiste à lancer la mouche en amont à 30 degrés et de la laisser dévaler le courant en récupérant le mou de la soie au fur et à mesure que la mouche s’approche de soi. Technique très efficace dans les eaux moins profondes et les sorties de petits rapides avec des nymphes moins lestées.

D’un point de vue sportif, prendre un achigan de trois livres sur une canne à moucher no 6 à quinze pieds de soi donne lieu à des batailles mémorables !  Pour ceux qui seraient portés à croire qu’il s’agit là d’une pêche « pépère » je peux vous dire que lorsqu’un achigan réalise qu’il est ferré et qu’il sent votre présence à proximité … mieux vaut pour vous d’attacher votre tuque et ajuster votre frein !

QUELQUES MOUCHES …

La larve de mégaloptère
Communément appelée « hellgramite » elle est en fait la larve d’un gros insecte volant nommé Dobsonfly.

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Dobsonfly adulte
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Larve de mégaloptère
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Murray’s hellgramite
Crée par Harry Murray  avec une extension corporelle en plumes d’autruche afin de lui donner un mouvement ondulatoire.

La larve de ce gros insecte volant a un cycle de vie aquatique de 3 à 4 ans. L’hellgramite est donc continuellement présente dans les rivières. Elle constitue un élément permanent de la diète de l’achigan vu son grand nombre et sa disponibilité. De couleur allant du noir au brun olive, son corps pouvant s’étirer jusqu’à trois pouces de long en fait une bouchée de choix pour l’achigan. 

L’hellgramite se concentre habituellement dans les rivières claires et bien oxygénées, se dissimulant sous les roches. Elles ne résistent pas aux eaux polluées et saumâtres.  Délogées par le courant, elles dévalent les rapides. On en retrouve donc fréquemment à la sortie des rapides. 

Larve de plécoptère (Black Stonefly)

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Naturelle
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Imitation

Les larves de plécoptère vivent elles aussi dans les eaux oxygénées. Certaines variétés peuvent mesurer jusqu’à deux pouces de long. Elles s’offrent au menu de l’achigan en abondance. La Black Stonefly n’a généralement pas de mouvement natatoire comme pour l’hellgramite, mis à part quelques maladroits battements des pattes. Elle dévale le courant sans aucun contrôle sur sa trajectoire.

Nymphe de libellule ( Dragonfly).
Les baies et berges herbeuses abritent souvent un autre type de grosses nymphes très voraces et très répandues: Les larves d’odonates (libellules et demoiselles). Ces nymphes sont très agressives et se nourrissent de petits insectes aquatiques.

La nymphe de libellule atteint elle aussi des tailles considérables (un à trois pouces). Elle s’accroche fréquemment à la végétation aquatique ou traîne sur le fond à l’affût d’une proie potentielle. Sa particularité réside dans le fait qu’elle peut se déplacer rapidement par saccades avec un système de propulsion abdominale. Elle ne fréquente pas les eaux tumultueuses et rapides. C’est ma mouche préférée gros format. J’aime bien la version avec un abdomen en  lanière de lapin car elle procure un mouvement ondulatoire très invitant.

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Naturelle
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Imitation de nymphe de libellule
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Imitation de nymphe de libellule

La technique de pêche de cette mouche diffère quelque peu  puisque cette larve se trouve surtout dans les baies là où le courant ralentit ou est inexistant.  La présence de libellules survolant le plan d’eau est le signe de la présence de ces larves. Elle est pêchée comme on le ferait au lancer léger. La récupération se fait par petites saccades, comme pour imiter son déplacement par propulsion. Je l’utilise même en lac avec des soies à bouts calant ou entièrement calantes. L’attaque est souvent violente de la part de l’achigan lorsque la récupération est effectuée par saccades rapides et sèches.

Conclusion
Les salmonidés sont souvent cités comme étant une espèce dite « noble ». Ceci en raison de sa chair raffinée, de ses couleurs subtiles et riches, et aussi, à cause de son comportement nettement plus sélectif que celui de l’achigan. Et cela est très juste. Toutefois, permettez moi cette allégorie tant qu’à y être. Autrefois, la noblesse était effectivement associée au raffinement et à la richesse. Mais elle était aussi associée au courage chevaleresque sur les champs de bataille. S’il est une espèce à laquelle on peut coller cet attribut, c’est bien au batailleur qu’est l’achigan, « celui qui se bât » comme le nomme la langue algonquine.

 Alors, de grâce ! Rendons-lui ses lettres de noblesse.

 

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Bonne pêche.

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