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Pêche au saumon Atlantique à la mouche sèche. (4 de 4)

matapedia-pierre2006-2Aspects pratiques de la pêche à la sèche
La pêche au saumon de l’Atlantique comporte trois éléments majeurs :
  • l’occasion de pêcher sur du saumon.
  • l’habileté à exécuter tous les éléments d’une excellente présentation.
  • avoir beaucoup de patience.

Le défi principal de tout pêcheur de saumon à la mouche sèche est de maîtriser l’habileté à lancer avec contrôle, avec distance, avec précision et délicatesse lors de la présentation.

 

Il est aussi important de maîtriser les lancers du revers et les lancers dans les plans oblique et horizontal.

Il est possible de capturer un saumon alors que la mouche sèche est submergée ou sous tension. Cependant, vous aurez beaucoup plus de succès alors que la mouche flottera librement au-dessus du saumon.

Portez attention à votre manière de présenter la sèche tout en ayant le contrôle de sa dérive et du surplus de soie à récupérer ou à relâcher. Cette habileté vous rendra les ferrages plus faciles et efficaces.

N’hésitez pas à changer de mouche, variez les grosseurs et les couleurs. Isolez les artificielles qui font bouger le saumon. Attachez à nouveau celles-ci et soyez prêt! Souvent deux ou trois sèches parmi plusieurs autres se démarquent par l’intérêt qu’elles suscitent chez le saumon.

La persévérance est de mise, les présentations à répétitions rapportent souvent des résultats.

Voici une excellente façon de pêcher à la sèche en équipe de deux pêcheurs; le premier pêcheur fait une dizaine de présentations en direction d’un site de tenues localisées. Le deuxième pêcheur entame ensuite sa séquence de dix présentations pendant que son copain change de mouche. Aussitôt la nouvelle mouche nouée à l’avançon il entame sa nouvelle séquence de dix présentations et ainsi de suite. Il en résulte un bombardement de diverses mouches présentées à partir d’un poste légèrement varié pour chacun des pêcheurs.

Les pêcheurs expérimentés ont peut-être remarqué qu’il est plus efficace de présenter une grande quantité de mouches sèches réparties sur une courte période de temps que seulement quelques mouches présentées pendant un long laps de temps.

Ferrage
C’est l’action que le pêcheur imprime à la mouche lorsque le saumon la gobe. Le pêcheur lève la canne à la verticale ou en oblique selon les différentes situations. La corde se raidit entraînant l’avançon et la mouche. Le harpon de l’hameçon pénètre alors les tissus mous de la gueule du saumon.

L’important, maintenant, est de déterminer la façon d’accomplir (comment) le ferrage et d’utiliser le bon synchronisme (quand).

Pêcher la truite à la mouche sèche implique un ferrage rapide de la part du pêcheur. Plusieurs moucheurs s’adonnant à la pêche du saumon ont raté les premières fois ou salmo est monté prendre leur mouche sèche. POURQUOI? En ferrant trop tôt probablement. Au saumon il est bon d’attendre de ne plus voir la mouche, qu’elle soit dans la gueule du saumon ou de sentir la traction exercée par le saumon. Il est souvent très facile de ferrer trop vite et d’enlever la mouche avant que le saumon gobe et plonge avec la mouche. C’est alors qu’il faut ferrer!

Le moment idéal du ferrage nous est indiqué par deux grands indices :

  1. la vue
  2. le sens tactile

Cependant, avec l’expérience, un pêcheur attentif développe cette habileté à ferrer au moment propice. Par contre, la perfection n’est pas de ce monde.

La meilleure façon de devenir un bon pêcheur de sèches est peut-être d’observer les autres en situation de pêche, épier leurs moindres mouvements. Essayer de comprendre pourquoi ils font tous ces petits gestes pour finalement faire tout en votre possible pour les imiter.

Gardez l’œil sur votre mouche en tout temps durant la dérive. Contrôlez la quantité de soie lâche entre le moulinet et la canne et entre le bout de la canne et la mouche.

Gardez la canne basse, pointée en direction de l’artificielle. Que votre vision périphérique soit vigilante. S’il y a un remous près de la mouche, qu’elle disparaît et que vous ressentez une traction sur la canne, FERREZ!

Le combat
Une fois que la mouche est bien accrochée dans la gueule du saumon, le combat commence. Premièrement, le saumon peut faire une petite course effrénée accompagnée de sauts à l’extérieur de l’eau pour finalement se tranquilliser. Deuxièmement, le pêcheur pourra probablement débuter le moulinage mais seulement pour un court temps. Le saumon commence à réaliser dans quel pétrin il s’est mis. Il réagit en faisant des courses plus ou moins longues suivies d’accalmies, le moulinage continu toutefois et le saumon s’approche. Le pêcheur augmente donc la résistance du frein de son moulinet pour contrôler la pression sur celui-ci. Il s’approche à moins de trois mètres mais voit les jambes du pêcheur et s’affole en faisant de courtes courses. Il est fatigué et se rapproche de la main que le pêcheur va déposer entre la nageoire caudale et la nageoire adipeuse. Le pêcheur est à l’eau à mi-cuisse et salmo est tout près. La canne est tenue haute dans la main du pêcheur et son autre main encercle la queue du  saumon et ferme la main. Il soulève la queue du saumon hors de l’eau qui n’a maintenant plus de propulsion. Il porte sous le bras qui retient la queue du saumon la canne et l’enfile sous le bras. Avec sa main libre, il peut alors décrocher la mouche de la gueule du saumon et le soulever pour la fameuse photo d’avant graciation.

Bien sûr, les combats de saumons sont tous différents mais celui décrit plus haut est classique. Durant une bataille, il est probable que le saumon exécute des sauts impressionnants hors de l’eau. Lorsqu’il s’apprête à sortir de l’eau, il est bon d’abaisser la canne de façon à ce qu’il fasse ses contorsions sur une ligne flasque. La corde tendue pendant un saut a souvent été la raison du décrochage de la mouche de la gueule du saumon ou du bris de l’avançon. Les pêcheurs disent « saluer le saumon pendant le saut ».

La maîtrise du saumon
Pour mettre fin au combat, il faut maîtriser le poisson. Jadis, les guides mettaient fin aux combats à l’aide d’une gaffe, instrument défendu de nos jours. La grande puise à long manche appelée « sallebarde » en Gaspésie est toujours de mise. Longtemps les pêcheurs solitaires se servaient du queutard encore utilisé de nos jours. D’autres pêcheurs aiment échouer (beach) leur capture. Finalement, la maîtrise à la main fait honneur au pêcheur désirant accomplir ce geste noble qu’est la graciation. La maîtrise à la main se fait aux opercules pour un castillon et à la queue pour un grand saumon.

L’avenir de la pêche au saumon de l’Atlantique 
Les remontées de grands saumons dans les rivières du Québec ont augmentés en 2002, en 2003 et encore en 2004. Ceci est peut-être dû en partie au banc de pêches commerciales au Groenland, mais il faut se rappeler que, depuis les cinquante dernières années, les stocks de saumons de l’Atlantique ont diminué de près de 80%.

Il faut donc que nous tous réalisions la précarité de l’espèce et posions de menus gestes comme celui de gracier un grand saumon le plus souvent possible.

Le défi est vôtre, commencez à pêcher la saumon à la mouche sèche ou allez encore plus loin dans certains aspects de votre façon de faire. Aller au-delà de vos espérances et de vos habiletés. Faites de la pêche au saumon le sport de votre vie!

Claude Bernard

Nous aimerions remercier monsieur Claude Bernard, figure bien connue chez les saumoniers et les amateurs de pêche à la mouche du Québec, de nous avoir autorisé à publier ce texte, écrit en 2004, mais qui est encore une excellente source d’enseignement.

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