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Pêche au saumon Atlantique à la mouche sèche (1 de 4)

albert-riv-marsNous aimerions remercier monsieur Claude Bernard, figure bien connue chez les saumoniers et les amateurs de pêche à la mouche du Québec, de nous avoir autorisé à publier ce texte, écrit en 2004, mais qui est encore une excellente source d’enseignement. 

Il arrive dans la vie d’un moucheur qu’il devienne un amateur de pêche au saumon Atlantique à la mouche sèche. Une levée à la sèche est tellement palpitante, tout se déroulant devant soi!   Par : Claude Bernard

 

Cette appellation de mouche sèche semble nous parvenir des guides francophones qui travaillaient dans les clubs des rivières québécoises il y a plus de cent ans. Il est un fait que la conception et le développement de la pêche saumon atlantique à la mouche sèche sont nord-américain. La notion de « dry fly et de wet fly » est devenue « mouche sèche et mouche trempe ou mouillée ». De nos jours, nous utilisons les appellations « mouche sèche et mouche noyée ». Une mouche noyée implique qu’elle est pêchée sous l’eau souvent en arcs concentriques, successifs et allongés devant les saumons en tenue dans la fosse.

Par contre, la mouche sèche implique que l’artificielle est présentée à la surface de l’eau, en dérive naturelle au-dessus des saumons dans la fosse. L’objectif recherché ici est une excellente flottabilité de façon à ce qu’elle porte sur l’eau par la pointe des hackles enroulés autour de son corps et de sa collerette. La mouche est alors très visible par le pêcheur et l’empreinte des hackles sur la surface de l’eau semble être relativement importante pour le saumon.

TOUJOURS et JAMAIS : avant d’aller plus loin, soyons clair! Ces deux mots, ne sont d’aucune utilité lorsqu’il est question de la pêche au saumon de l’Atlantique. Les initiés ont certainement remarqué au cours de leurs années d’expérience que lorsqu’ils affirment que quelque chose se produit TOUJOURS, rien ne se produit. De même, lorsqu’ils affirment que tel ou tel fait n’arrive JAMAIS, c’est alors que le contraire se produit! Il faut être extrêmement prudent dans nos déclarations officielles lors de discussions se rapportant à salmo salar! Évitez ces deux mots et vous éviterez des embêtements lorsque vous direz : « moi, je fais toujours çà de la même manière » ou « moi, je ne fais jamais çà ». Au cours des années, j’ai remarqué que les pêcheurs aiment faire toutes sortes de lois et affligent le saumon de comportements pour lesquels il fait souvent le contraire. Plusieurs  auteurs anglophones s’amusent à dire « Fishermen make the rules and the salmon break them! » Il faut donc être très prudent et très humble lorsque l’on pêche ou lors de discussions entre amis. Le fait d’avoir utilisé malencontreusement les mots JAMAIS ou TOUJOURS acertainement déjà piqué l’orgueil de plusieurs saumoniers!

Rappelez-vous que la pêche au saumon est un mélange de plusieurs plaisirs. Être aux abords de la rivière dans un site enchanteur avec des amis et partager une aventure alors que le saumon est actif, voilà la vraie recette pour assurer le succès d’un voyage de pêche!

Où est le saumon dans sa rivière?

La tenue du saumon : c’est un endroit dans la rivière où le saumon s’arrête et se repose. Ce doit être un endroit où il est à l’aise, confortable, en sécurité et où il n’a pas à déployer beaucoup d’effort pour demeurer en place. Il est évident que le niveau, la température et la vitesse de l’eau sont les facteurs les plus importants parmi les paramètres que le saumon analyse instinctivement pour choisir un site d’arrêt dans la rivière. Cela s’appelle une tenue de saumon. Les salmonidés réagissent naturellement à toutes les situations dans lesquelles ils se trouvent. C’est la génétique du saumon qui lui dicte la façon de réagir à l’ensemble des stimuli qu’il perçoit. Il choisit donc un site, une tenue où les conditions hydrologiques sont compatibles avec ses besoins essentiels.

Façon de lire la rivière : l’objectif est de repérer un site propice à la tenue de saumons preneurs.  L’expérience aidant, le pêcheur attentif recherchera trois critères de localisation : 1 - La profondeur de l’eau sera entre un et deux mètres. 2 - Le fond de la rivière sera composé de cailloux, de gros cailloux et à l’occasion de blocs. 3 - La vitesse de l’eau de surface sera semblable à la vitesse de marche normale d’un humain.

Si le pêcheur ne peut repérer à vue les saumons dans la fosse et que trois de ces critères (parfois deux) sont présents, il y a de fortes chances que des saumons preneurs soient là à attendre la présence d’une artificielle à gober.

Ces critères de localisation du saumon sont des guides variables dont l’importance peut fluctuer quelque peu, mais demeurent une façon efficace de choisir un site de pêche. Le niveau de l’eau est probablement le critère le plus important. Une fosse pleine de saumons par niveau dit normal pour une fosse donnée peut être déserte par une baisse ou une hausse de l’eau. Du moins, les saumons peuvent être plutôt en tête de fosse par eau basse alors qu’ils peuvent être plutôt en queue de fosse par eau haute. Ces variations de niveau modifient la vitesse de l’eau en surface et l’hydrologie en profondeur. Les saumons n’y retrouvent plus alors leur confort et migrent vers de nouveaux sites plus propices. La relation entre le type de fond de rivière, la profondeur de l’eau et la vitesse de l’eau en surface semble donc très importante! Le repérage des tenues peut aussi se faire à la vue des saumons qui se manifestent à la surface par des sauts de différents types.

Façons de pêcher selon le type de mouche : le choix d’une mouche est souvent considéré très important par plusieurs pêcheurs alors que l’expérience nous montre que la meilleure mouche est celle qui est à l’eau! En mouche noyée, il est bon de considérer les facteurs suivants pour améliorer ses chances de captures :

  1. La vitesse de parade de la mouche sera contrôlée par la vitesse de l’eau, l’angle du lancer par rapport au sens du courant, les amendements lors de la pêche en courants à vitesses variées et par l’action imprimée à la mouche par le pêcheur.
  2. La méthode de couverture des saumons sera assurée par un déplacement rapide du pêcheur vers l’aval de la fosse en utilisant une longueur confortable de soie.
  3. Cette couverture peut aussi être faite par l’allongement de la soie à partir d’un point précis jusqu’à ce que la longueur confortable maximale soit atteinte. Le pêcheur dévale alors de 10 à 15 mètres et recommence le même manège. Notez que cette façon de faire est acceptable seulement lorsque vous êtes seul ou avec un ami qui est en accord avec vous.

En mouche sèche, il est bon de considérer les facteurs suivants pour augmenter l’efficacité de pêche. Cette efficacité peut être atteinte :

  1. Lorsque l’on pêche des saumons répartis au hasard dans une fosse, on peut utiliser soit la présentation de la mouche vers l’amont, soit carré au courant, soit vers l’aval, soit par arcs concentriques allongés à chaque lancer ou en dents de scie vers l’aval.
  2. Lorsque l’on pêche des saumons bien localisés, on peut utiliser la présentation de la mouche soit par quadrillage systématique d’un secteur donné, soit de l’aval vers l’amont, soit par des lancers répétitifs sur un poisson particulier, soit en horloge avec allongement de la soie suite à chaque quadrant et en couloirs parallèles à la berge.

Présentation de la mouche sèche : en principe les pêcheurs de saumons à la sèche aiment bien voir flotter la mouche le plus haut possible sur la pointe des hackles. Par contre, plusieurs ont eu la surprise d’avoir une levée sur une mouche complètement submergée. La mouche devrait flotter au gré des flots sur une distance plus ou moins longue selon les circonstances tout en étant sous le contrôle du pêcheur.

Il faut éviter de présenter son artificielle sur une soie tendue. Sauf pour les présentations vers l’amont, les lancers devraient être légèrement bloqués quelques instants précédents le déploiement complet de la boucle de la soie et de l’avançon. C’est ce subtil blocage qui donne à la ligne cet important jeu libre responsable d’une flottaison sans entrave de la mouche.

Les faux lancers sont essentiels en pêchant à la sèche pour allonger la corde et pour assécher la mouche. Il est important de bien maîtriser la technique des faux lancers de façon à éviter les collisions soie/mouche et ces méprisables petits nœuds dans l’avançon. Lors du lancer arrière, inclinez la canne à un angle d’environ 60 degrés et exécutez le lancer avant alors que la canne est à la verticale. Ce principe d’éloignement des faux lancers diminue la fréquence d’apparition des petits nœuds de l’avançon.

  • Utilisez les lancers déportés (reach cast) vers l’amont ou vers l’aval pour vous aider à contrôler l’effet, soit du vent, soit des courants à vitesses variées et souvent les deux en même temps.
  • Utilisez les présentations avec lancers courbes, droits ou gauches au besoin pour que la mouche soit en vue du saumon avant l’avançon ou la soie.
  • Lorsqu’il est temps de soulever ou arracher la soie de l’eau, faites le geste avec délicatesse. Il est préférable que tous vos gestes soient faits avec subtilité et synchronisme.
  • Utilisez la technique de lancer appelée double traction pour augmenter la vitesse dynamique de la soie. Cette double traction aide à résister aux effets pervers des vents  pour lancer encore plus loin et plus facilement.

Maintenant, il ne vous reste qu’à déposer délicatement la mouche à l’endroit ciblé de la fosse.

Claude Bernard

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